Axe 2 : VARIABILITE A LONG TERME DU CONTENU ATMOSPHERIQUE EN POUSSIERE MINERALE

Les contenus atmosphériques en aérosols désertiques présentent une forte variabilité à l’échelle pluriannuelle. Cette variabilité à long terme peut être interprétée comme une réponse à des modifications des conditions environnementales en région source. Ainsi la corrélation observée en zone sahélienne dans les années 70-80 entre l’augmentation des occurrences de brumes sèches et la diminution des précipitations serait expliquée par une augmentation des émissions de poussières dans cette région en réponse à une diminution du couvert végétal. Des corrélations entre ces augmentations du contenu en aérosols et l’indice de sécheresse au Sahel ont également été mises en évidence sur des échelles de temps décennales. Dans la zone Pacifique sud l’étude du contenu de carottes sédimentaires en particules minérales d’origine éolienne (désert d’Atacama, dans le nord du Chili) a permis de mettre en évidence une variabilité décennale du même type.

 

Pour pouvoir interpréter et quantifier le poids relatif des différents processus impliqués dans la variabilité interannuelle, et pour étudier les impacts environnementaux des aérosols désertiques à l’échelle régionale, le LISA a initié le développement de modèles régionaux et continentaux. C’est notamment le cas de CHIMERE-Dust qui est un outil de modélisation numérique du cycle des aérosols désertiques permettant de réaliser des simulations décennales avec un pas de temps horaire. Dans le cas du Sahel, l’analyse de tendance s’appuie également sur des observations à long terme réalisées sur 3 stations de mesures déployées dans le cadre de la campagne AMMA, et sur un dispositif de mesures des dépôts sur le pourtour méditerranéen dans le cadre du projet CHARMEX. La période de temps visée est décennale, de façon à pouvoir intégrer la variabilité naturelle du système et espérer détecter ainsi l’impact de l’évolution de l’usage des terres ou des conditions climatiquesl.

 

Figure 1 : Moyenne glissante sur 30 jours des concentrations en aérosols mesurées au Sénégal (M’Bour), au Mali (Cinzana) et au Niger (Banizoumbou) de 2006 à 2008. Un même cycle saisonnier est systématiquement enregistré aux trois stations, sur lequel viennent se superposer des pics de concentrations liés à des évènements d’émission ou de transport intenses. Ces pics sont souvent observés aux trois stations, ce qui suggère des phénomènes de transport d’échelle régionale à continentale (Marticorena et al. ACP, 2010).

 

 

=> Sahelien Dust Transect

=> Dispositif de mesure de dépôt

=> Modélisation régionale 3D avec CHIMERE-Dust